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La Pêche à l’Anglaise

Voici la bible de la Pêche à l’Anglaise de Daniel Maury. En 1986, Daniel Maury qui est alors rédacteur en chef de la revue  » La pêche et les poissons  » sort un livre qui est devenu culte : Les secrets des pêcheurs a l’ anglaise.

Les premiers articles sur cette technique avaient été publiés dans cette même revue dans les années 75. Ils n’ avaient pas suscité beaucoup d’ intérêt a l’ époque.

De nos jours, le regretté Daniel Maury est malheureusement décédé depuis quelques temps. La maison d’ édition a disparu, le livre n’ est plus publié depuis longtemps.
En mémoire de cette époque, de ceux qui l’ ont connue et en mémoire du sacré personnage qu’ était Daniel Maury, je me permets donc de vous en faire profiter. Le style est actuel mais bien sur le matériel a changé . Mais pas tant que ça vous allez voir.

Septembre 1963, au bord de la Moselle, à Wormeldange,près de Luxembourg, championnat du monde de pêche au coup. Les meilleurs spécialistes mondiaux s’affrontent.
Cannes roubaisiennes, lignes ultra-fines et parfaitement équilibrées, matériel « sophistiqué »…
Pour tout le monde ou presque. Parce qu’assis sur un gigantesque panier d’osier,manipulant avec une rare maestria un matériel pour le moins inattendu
— canne de bambou, moulinet à tambour tournant, flotteur porc-épic…
— un petit bonhomme rondouillard et sympathique est en train, mine de rien, de battre tous les autres et de remporter le classement individuel avec une très belle pêche de beaux gardons.
Il s’appelle Billy LANE, il est anglais.
Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. C’est à cette occasion en effet que ma curiosité a été pour la première fois attirée par une technique bien particulière (les Anglais ne font rien comme tout le monde, c’est bien connu) mais qui méritait peut-être qu’on s’y intéresse de plus près,en dépit de son apparente « rusticité ».
Quelques années plus tard, et toujours poursuivi par l’idée d’en savoir un peu plus sur cette pêche que l’on n’appelait pas encore « à l’anglaise », j’eus l’occasion d’organiser, pour le compte de la revue «
Toute la Pêche », une rencontre amicale de quelques jours entre deux anciens champions du monde, histoire de confronter et comparer leurs styles,leur matériel, leur technique : Robert TESSE, le français et…Billy LANE, l’anglais.

Si les résultats de la pêche ne furent pas particulièrement brillants, en revanche les deux « délégations » sympathisèrent dans une ambiance très amicale. D’un côté Billy LANE et Colin GRAHAM, journaliste aussi grand par la taille que par le talent,de l’autre Robert TESSE, Bernard CRASSAT (à l’époque pas encore Président de la Fédération française), Jacky DUPUIS qui était notre hôte (la rencontre se passait aux Andelys) et moi-même.

On ouvrit les paniers,on échangea du matériel… Nous montrâmes à nos amis britanniques les subtilités de la pêche « à la française », tandis que, de leur côté, ils commençaient de nous faire découvrir comment ils utilisaient leurs cannes à anneaux, leurs moulinets, leurs flotteurs qui nous apparaissaient quelque peu gigantesques…

Je ne sais plus qui eut le premier l’idée — mais elle reçut immédiatement l’acquiescement général — : pourquoi ne pas renouveler dans l’avenir ce genre de rencontres ? Et c’est ainsi que fut décidé d’organiser chaque année un match amical France-Angleterre, alternativement dans chacun des deux pays.

Au cours des années qui suivirent, nous eûmes le plaisir de recevoir en France des pêcheurs britanniques du « top niveau » : Kevin Ashurst, Ivan Marks, Robin Harris, John lllingworth, Ray Mumford, Dave Thomas et quelques autres, qui firent découvrir aux spectateurs français leur technique.

Et, de notre côté,nous entreprîmes quelques voyages en Angleterre : il y fallait une certaine inconscience car affronter les pêcheurs anglais sur leur terrain n’est pas toujours une partie de plaisir. Imaginez des poissons qui se tiennent souvent à 20 ou 30 mètres du bord, qui ne mordent qu’au « caster » ou au « gozzer » et vous comprendrez que nous avions quelques difficultés avec nos vers de vase et nos « 9 mètres » !… Et tous ceux qui firent partie de nos expéditions d’alors (R. TESSE, B. CRASSAT, G. HEBERT,J. MORZIERES, R. et C. THIME, C. FORESTIER, H. GUIHENEUF…) se souviennent que nous avons pris quelques fameuses « pâtées »!
Toujours est-il que, à force de voir les anglais à l’œuvre, d’acheter sur place du matériel, de demander des conseils, nous avons, au fil des années, appris à nous servir proprement d’une canne anglaise.

De leur côté, les anglais apprenaient à utiliser une « roubaisienne ».

Et, au jour d’aujourd’hui, des milliers d’anglais pèchent à la française tandis que des milliers de français pèchent à l’anglaise…
Les uns et les autres avec des résultats excellents sur leurs rivières respectives.
Si je vous ai infligé cet « historique », c’est pour bien montrer que la pêche à l’anglaise n’est ni une « mode », ni un snobisme et que si nous avons été quelques-uns à la promouvoir en France, c’est parce que nous avions eu maintes fois l’occasion de vérifier son efficacité.
Je sais que certains, en particulier dans les milieux de la pêche de compétition, m’ont personnellement reproché d’avoir été le principal artisan de cette promotion : pour n’avoir jamais su faire autre chose que d’accrocher un « vaseux » sur un 22 après avoir balancé deux litres de fouillis sur leur coup, ils n’admettent pas que l’on puisse pêcher autrement. Je les laisse d’autant plus volontiers à leur médiocrité que certains d’entre eux ont déjà eu l’occasion, au cours de rencontres nationales ou internationales, de se faire ramener à plus de modestie.
Et puis, au vrai, la pêche de compétition, pour intéressante qu’elle soit, n’est pas toute la pêche. Si la pêche à l’anglaise est, dans certains cas mais pas toujours, utile en concours,elle est en tout cas très agréable à pratiquer lorsqu’on pêche « pour le plaisir ».

Mais je pense que je n’ai pas besoin de vous en persuader : vous l’êtes probablement puisque vous me faites l’honneur de lire ce livre.Certains d’entre vous, cependant,sont peut-être des débutants intégraux dans cette technique.Il me paraît donc utile d’en résumer les avantages avant d’entrer plus avant dans les détails.
La pêche au moulinet permet :
— De pêcher très au large si besoin est, là où se tiennent souvent les beaux poissons.
— D’allonger la coulée en eau courante.

A ce propos, certains m’ont déjà dit : « Les Anglais n’ont rien inventé,je pêche à la longue coulée depuis trente ans… »
Ils doivent savoir que, par le matériel utilisé et la technique employée,la pêche à l’anglaise (qui peut se pratiquer dans presque n’importe quelle circonstance) est bien supérieure à la longue coulée traditionnelle qui est beaucoup plus limitée.
— De prendre de beaux poissons sur des fils proportionnellement très fins. J’ai bien souvent pris des pièces de 2 ou 3 kilos sur 10 ou 12 % ce qui me paraît difficile avec une canne classique fût-elle roubaisienne.
— De prospecter plusieurs « coups », d’allonger ou de raccourcir la distance de pêche sans avoir à changer de ligne. Sans compter que tenir une canne de 3,60 mètres est tout de même plus agréable que de manipuler une « trique » de 8 ou 9 mètres…
Cela dit, bien entendu,cette technique — comme toutes les techniques — a ses limites mais elles sont peut-être moins précises que je ne l’ai cru à une époque. Naguère,j’aurais difficilement imaginé, par exemple, qu’on puisse pêcher l’ablette au moulinet : je l’ai vu faire, je l’ai fait moi-même, avec des résultats surprenants. Il n’en reste pas moins que cette pêche est avant tout destinée à prendre des beaux poissons, ce qui est généralement plus intéressant que de « bricoler » avec des zinzins de 5 grammes !

Citation Daniel MAURY

1°) Le Matériel

Je dois tout de suite vous mettre en garde contre une mauvaise tentation : celle de vouloir entreprendre de pêcher à l’anglaise avec un matériel mal adapté.
J’en connais plus d’un qui s’y sont essayés avec, par exemple, une canne télescopique à truite ou des flotteurs pas du tout « étudiés pour ». Ils n’ont rien réussi de bon et ont été amenés rapidement soit à abandonner, soit à se procurer un matériel conçu pour cette pêche.
On trouve de nos jours tout ce qu’il faut, du matériel souvent importé mais également français et celui-ci n’a maintenant plus rien à envier aux productions d’Outre-Manche.

La canne

La canne

Une bonne canne «anglaise » doit comporter un certain nombre de caractéristiques bien précises et qui ont toutes leur raison d’être.
— Elle doit mesurer entre 3,50 m et 4 m. Plus courte, elle ne permet plus de bien contrôler la ligne et de ferrer efficacement à distance. Plus longue, elle devient difficile à manier d’une main. Ma préférence personnelle va aux cannes de 12 pieds (3,60 m) : sans que je puisse
expliquer pourquoi, celles-ci me paraissent être les mieux équilibrées donc les plus agréables.
— Elle doit être assez puissante pour lancer sans effort un flotteur plombé à 3 ou 4 grammes à plusieurs dizaines de mètres, mais posséder en même temps un scion suffisamment souple pour amortir un ferrage avec un bas de ligne fin.
Certaines cannes ont une action de pointe (ferrage rapide mais faible « puissance »), d’autres une action plus parabolique (ferrage plus lent, puissance plus grande).
Le choix est une affaire de goût, de poignet, étant entendu qu’il faut juger une canne en la prenant en main. Si vous avez la possibilité d’acheter ou de «bricoler» plusieurs cannes, faites comme moi :
j’utilise une canne rapide pour pêcher léger, une canne lente pour pêcher lourd.
— Elle doit être légère, pour des raisons évidentes de confort. A titre indicatif, j’utilise des cannes pesant à peine 250 g et je considère 280 g comme le maximum admissible (pour une 3,60 m).
— Enfin, et c’est très important, elle doit être équipée de bons anneaux.
Il est impératif que ceux-ci soient légers (pour ne pas casser l’action), chromés dur pour résister à une usure prématurée et, pour éviter tout contact, tout frottement entre le fil et le corps de la canne, être à la fois surélevés et très rapprochés les uns des autres.

Une canne de 3,60 m doit compter au moins onze ou douze anneaux. J’insiste, c’est absolument primordial.
On trouve actuellement sur le marché de nombreuses cannes de marques différentes, françaises ou d’importation.

Certaines sont très bonnes, d’autres moins, d’autres encore franchement mauvaises. Je passerai ces dernières sous silence pour ne faire de peine à personne.
Parmi celles que j’ai essayées, les meilleures me paraissent être (sans ordre de préférence) :
— HARDY « Matchmaker » (un peu lourde… et chère).
— SHAKESPEARE « International ».
— FARI0 « Oxford »— c’est, je crois, la première canne anglaise à avoir été fabriquée en France. Elle est un peu lourde mais son action est bonne.
— GARBOLINO « Longue Coulée ». A noter que cette firme vient de sortir un nouveau modèle qui me paraît très remarquable. Il est, en particulier,équipé d’extraordinaires anneaux « Fuji », étonnants de légèreté et de robustesse.
J’ai eu également en main plusieurs cannes au carbone: elles sont sensationnelles. C’est probablement l’avenir, en dépit du prix assez élevé.

Le moulinet

Le moulinet.

Étant entendu que je ne suis pas partisan des micro-moulinets dits « ultra-léger »— car ils ont tendance à vriller le fil très rapidement en raison du faible diamètre de leur bobine —, on peut utiliser n’importe quel moulinet à lancer léger, et ce ne sont pas les bons modèles qui manquent.
Cela dit, il y a tout de même plusieurs moulinets qui ont été plus spécialement conçus pour la « pêche fine » : ultra-léger ou coup.
C’est le cas des modèles « capotés » qui présentent un avantage incontestable : celui d’éviter les perruques, toujours très ennuyeuses avec des fils fins.

Parmi ceux couramment utilisés en Grande-Bretagne et que j’emploie un peu indifféremment suivant l’humeur du jour :
— ABU 505 ou 506. Solide,rapide d’utilisation, la bobine n’est malheureusement pas garnie de chenille et, si elle est trop remplie, il s’ensuit parfois quelques incidents. Impossibilité de « démouliner ».
— CONTACT 400, très bonne qualité technique. Frein très progressif. La libération du fil n’est pas très rapide. Impossibilité de « démouliner ».
— ABU 501. Un tout nouveau modèle, avec quelques améliorations par rapport au 506 : une bobine garnie d’une chenille et possibilité de
« démouliner » (qui existe également sur le Shakespeare) ce qui est important pour ceux qui comme moi n’ont qu’une confiance limitée dans les freins — aussi bons soient-ils — et qui préfèrent, sur un beau poisson,rendre du fil en moulinant à l’envers.
— SHAKESPEARE INTERNATIONAL.Même conception que le précédent.

Ces moulinets capotés sont incontestablement très pratiques. De par leur conception même,cependant, il se produit, au moment du lancer, un
certain freinage du fil.
C’est pourquoi, lorsque j’ai besoin de pêcher très loin, je préfère utiliser un MITCHELL « Otomatic » 440 ou 840. Outre son déclenchement très rapide (une simple pression sur l’anse de panier), ce moulinet possède une excellente bobine, large, bien dégagée. La récupération est ultra-rapide…ce qui peut être un défaut en de mauvaises mains : si l’on mouline trop vite, avec ce modèle, il se produit vite un vrillage de la ligne (surtout si l’on pêche avec deux asticots sur l’hameçon — qui forment « hélices » — et encore plus en eau courante).
Son défaut est qu’il se produit parfois des emmêlages de la ligne autour du bras qui supporte l’anse de panier.
A noter que MITCHELL propose depuis peu des bobines garnies de chenille et à faible capacité, c’est-à-dire qu’elles sont remplies avec 100 mètres de 12 ou 14%. C’est intéressant et pratique : j’ai toujours eu du mal à comprendre pourquoi les fabricants de moulinets continuent de livrer des bobines pouvant contenir 300 ou 400 mètres de fil ! De sorte que les pêcheurs peu avertis ont toujours des bobines mal remplies (freinage considérable au lancer) ; quant aux autres, ils doivent procéder à un « bourrage » préalable : pour ce faire, j’utilise personnellement de la laine, enroulée très serrée et recouverte de deux ou trois tours de ruban adhésif.

Le fil

Le fil.

En ce qui concerne le fil qui garnit le moulinet — et qui constitue la ligne puisque c’est sur lui qu’on monte directement le flotteur et les plombs — il doit être à la fois assez fin pour les raisons évidentes de souplesse,d’aisance de lancer, de proportion convenable avec le bas de ligne, et suffisamment solide pour résister à des lancers appuyés,au frottement sur les anneaux… et bien sûr au ferrage sur des beaux poissons.
Pendant un temps, j’ai utilisé du 10%, mais je l’ai maintenant abandonné parce que les casses étaient trop fréquentes et le vrillage assez systématique. Dans 70 % des cas, j’emploie maintenant du 12% qui me paraît le diamètre idéal pour des conditions normales.

Toutefois, il est préférable d’utiliser du 14% lorsqu’on pêche très lourd ou quand on prévoit de « toucher » de beaux poissons. On note cependant que malgré la faible différence de diamètre entre le 12 et le 14, ce dernier est moins agréable : les lancers sont moins « coulés ».
Dans les cas extrêmes (très gros poissons, ligne très très lourde), on doit parfois monter jusqu’au 16% : il faut vraiment que j’y sois obligé.
Comme dans toute pêche au coup, il faut garder une proportion raisonnable entre le corps de ligne et le bas de ligne.

On peut donc prévoir les « correspondances » suivantes :

— Corps de ligne 12%
— bas de ligne en 8,10 ou 12% (car même avec un bas de ligne d’un diamètre identique au corps de ligne, une casse éventuelle se produit pratiquement toujours au nœud de raccordement).
— Corps de ligne 14%
— bas de ligne en 10, 12 ou 14%- Et ainsi de suite.

Pour ce qui est de la nature du fil, on ne recherche pas exactement les mêmes caractéristiques que dans la pêche au coup classique. Compte tenu que le ferrage s’effectue parfois à 30 ou 40 mètres, il ne faut pas un fil trop «élastique », c’est-à-dire dont l’allongement avant rupture est trop important (et certains fils actuels ont des allongements de plus de 25 % !). Par ailleurs, et bien que cela puisse paraître paradoxal, il me semble qu’on a moins « d’ennuis » avec des fils assez « raides » (toute proportion gardée, bien sûr) qui n’ont pas autant tendance à « perruquer » et à vriller.
De toute façon, et quel que soit le fil utilisé, je ne saurais trop recommander d’en changer souvent : comme chacun sait, le nylon est une matière qui « vieillit » et, en quelques mois, sa résistance s’amoindrit notablement. Celui qui pêche un an ou deux avec la même ligne s’expose à des déconvenues…

J’ai dit, au chapitre des moulinets, qu’il fallait « bourrer » la plupart des bobines.
Faites-le de manière qu’elles soient correctement remplies — c’est-à-dire presque à ras-bord — avec 75 ou 100 mètres de fil, puisque le nylon est vendu habituellement dans ces longueurs.

Les hameçons

Les bas de ligne.

On ne peut pas dire qu’il y ait des hameçons particulièrement destinés à la pêche au moulinet. Étant donné, cependant, qu’on recherche en général les beaux poissons, il vaut mieux adopter des hameçons solides.

Par ailleurs, et comme le plus souvent l’esche utilisée est l’asticot, il y a des hameçons qui conviennent mieux que d’autres : ma préférence

va aux modèles nickelés (blancs), à tige courte —j’ai constaté que les décrochages sont moins fréquents qu’avec des tiges longues — et à pointe longue (j’estime que la plupart des hameçons ont des pointes trop courtes).

Pour les très gros poissons, je préfère toutefois les hameçons forgés, mais ceux-ci nécessitent un affûtage à la pierre :regardez-les à la loupe et vous comprendrez pourquoi.

Comme dans toute pêche au coup, il est bon de prévoir une gamme d’hameçons montés sur des bas de ligne. Afin de parer à toute eventualité, j’ai en permanence dans mon panier la série suivante de bas de ligne :

  • H 22 sur 8%
  • H 20 sur 8%
  • H 18 sur 8%
  • H 18 sur 10%
  • H 16 sur 10%
  • H 16 sur 12%
  • H 14 sur 12%
  • H 14 sur 14%

Tous ces bas de ligne mesurent 40 cm de long et sont raccordés au fil principal par une espèce de « blood-knot »: le système « boucle dans boucle » est plus rapide mais nuit à la souplesse de l’ensemble.

Les plombs

Les plombs

On utilise exclusivement des plombs sphériques fendus, tels que ceux conçus par les anglais. Ce sont des plombs « mous » qui présentent plusieurs avantages :
— ils abîment moins le fil,
— on peut les fermer d’une pression des doigts et les ouvrir d’un coup d’ongle : cela permet d’une part de varier sans problème la disposition d’un plombage et, d’autre part, d’ajouter ou de retirer un plomb en un tournemain.
Ces plombs anglais ont une numérotation curieuse mais que je vous conseille de retenir : d’abord parce que la plupart des flotteurs anglais vendus dans le commerce portent l’indication du nombre de ces plombs supportés par
ces flotteurs,ensuite parce que, dans cette numérotation, chaque plomb correspond à peu près au double du plomb de taille immédiatement inférieure. C’est ainsi que :

Pour que vous puissiez vous faire une idée de la taille de ces différents plombs, vous les trouverez à la page précédente reproduits grandeur réelle. Si l’on compare avec les plombs français, on obtient à peu près la correspondance suivante :

  • AA …………………3/0
  • BB …………………1
  • 4 ………………….3

Les autres accessoires

Il y a un certain nombre d’accessoires indispensables pour pêcher au moulinet et qui, soit dit en passant, sont également utiles dans d’autres modes de pêche.
— Le lance-pierre, qui permet d’amorcer au large. En fait, il en existe deux types différents.
L’un à poche rigide (de forme semi-sphérique) prévu pour lancer des boulettes d’amorce ; ne cherchez pas à l’utiliser pour lancer des esches « pures » (asticots, graines, etc.)car vous en mettriez partout sauf là où vous le voulez. Dans ce cas, employez le modèle à pochette souple qui vous permettra une bien meilleure précision et une moindre «dispersion ».
— Le repose-canne. C’est une pique métallique sur laquelle se visse une tête de forme variable (U, demi-cercle…). Un engin très pratique pour poser la canne soit lorsqu’on décroche un poisson, soit quand on amorce. En posant la canne par terre on risque toujours de la détériorer, d’abîmer la ligne ou le flotteur. A noter que les repose-cannes sont maintenant adoptés par de nombreux pêcheurs à la roubaisienne pour y caler leurs rallonges lorsqu’ils déboîtent.

—La boîte à flotteurs. La pêche au moulinet exigeant une gamme assez importante de flotteurs, il faut bien ranger ceux-ci et il est bon de les classer par type et par taille. Pour ce faire, on peut utiliser un système simple : soit dans une boîte, soit sur un des « plateaux» du panier-siège, on colle des bandes de mousse synthétique de 2 cm de large sur 1,5 cm de haut. A l’aide d’une lame de rasoir, on trace dans la mousse des fentes dans lesquelles on coincera les flotteurs qui seront ainsi parfaitement maintenus en place.
— La bourriche « anglaise».
Ce sont les pêcheurs au moulinet qui, inspirés par leurs confrères britanniques, ont « lancé » en France cette bourriche. Cela dit, elle est, à mes yeux, indispensable à tous les pêcheurs au coup… ou au moins à ceux qui considèrent (et j’en suis !) comme parfaitement
absurde de tuer inutilement des poissons alors qu’il est facile — grâce à cette bourriche — de les conserver vivants et de les remettre ensuite à l’eau. Ayant déjà maintes fois dit ma façon de penser à ce sujet, je ne m’étendrai pas davantage sur la question.

2°) Le sondage et l’amorçage

Le sondage à distance

Parmi les très nombreuses questions qui m’ont été posées à propos de la pêche à l’anglaise, celle qui revient incontestablement le plus souvent concerne le sondage. Il apparaît que nombre de néophytes ne savent pas trop comment s’y prendre pour déterminer la profondeur sur le « coup » qu’ils ont choisi. La réponse est simple mais mérite quelques explications.
Nous avons vu que pour positionner le flotteur, on utilise deux ou plusieurs plombs lorsque la profondeur n’excède pas la longueur de la canne et qu’on peut par conséquent pêcher en bouchon fixe ; quand, au contraire, la profondeur est plus importante (grosso modo au-dessus de 3,50 m), on a recours au bouchon coulissant. Dans l’un et l’autre cas, cependant, la méthode pour sonder reste la même.
Je commence toujours par confectionner une ligature d’arrêt comme si j’allais pêcher au bouchon coulissant (même si ça ne doit pas être le cas). Je glisse le flotteur sur la ligne, pose un bas de ligne avec l’hameçon, et une sonde sur celui-ci. Puis,je détermine une profondeur arbitraire — par exemple 2,50 m — en faisant coulisser la ligature d’arrêt à la distance correspondante.
Je lance alors la ligne à l’eau et à l’endroit choisi et je regarde ce qui se passe : soit le flotteur reste à plat après avoir buté sur le nœud d’arrêt, soit il disparaît sous l’eau entraîné par la sonde. Je vais, de toute façon,avoir une idée approximative de la profondeur : 2 mètres,4 mètres, 6 mètres… Il va falloir ensuite procéder par tâtonnements.
Si le bouchon est resté à plat, c’est que la profondeur choisie au « pifomètre » était trop importante : je vais alors relancer plusieurs fois la ligne en diminuant à chaque fois le fond de 20 ou 30 cm.

En quatre ou cinq lancers, je vais probablement parvenir à trouver la profondeur sinon exacte au moins très proche de la réalité.
En effet, si, par exemple, au quatrième lancer, le bouchon émergeait encore et qu’au cinquième il est en place ou disparaît entraîné par la sonde je sais que je suis dans la zone immédiate du fond, à quelques centimètres près. Si, au premier lancer,j’ai constaté que la profondeur est plus importante que celle choisie arbitrairement, je vais procéder de la même façon mais en sens inverse, c’est-à-dire lancer plusieurs
fois successivement en rajoutant du fond à chaque fois. Bien sûr, si le fond est très important, je ne vais pas procéder par tranches de 20 ou 30 cm, mais je vais, aux deuxième et troisième lancers,ajouter carrément 1 mètre ou 2. Il va ainsi arriver un moment où le flotteur cessera de disparaître et je saurais alors que je suis à peu près à la bonne profondeur.
Ce système de sondage avec bouchon coulissant permet de ne mettre les plombs en place qu’après avoir déterminé la profondeur et évite d’avoir à modifier le montage de la ligne. Ainsi, si on constate que la profondeur n’est pas très importante, on posera les plombs de manière à pêcher en bouchon fixe (et la ligature d’arrêt pourra rester sur la ligne, elle ne gênera pas) ; si, au contraire, on est amené à pêcher au bouchon coulissant parce que la profondeur est de 4 ou 5 mètres, il n’y aura qu’à disposer les plombs comme indiqué. Il y a également un autre intérêt : c’est qu’en sondant avec un bouchon coulissant — et si l’on prend la précaution de ne pas « brider » le fil — la ligne est
beaucoup moins oblique dans l’eau lors du sondage qu’avec un bouchon fixe.
Bien entendu, on aura compris qu’on ne détermine pas en sondant de la sorte une profondeur de 2 ou 3 mm près comme on pourrait le faire avec une roubaisienne. Mais il faut comprendre qu’on pêche loin du bord et que, s’adressant généralement à de gros poissons, on a le plus souvent intérêt à ce que le bas de ligne traîne de 10 à 20 cm sur le fond, et c’est bien sûr facile à obtenir puisqu’il suffit de rajouter une ou deux « plumes » jusqu’à ce qu’on traîne vraiment trop, ce qui est visible par le comportement du flotteur dont l’antenne émerge alors
exagérément.


L’amorçage

Les nouveaux venus à la pêche au moulinet pensent généralement qu’ils vont éprouver des difficultés à amorcer convenablement leur « coup » situé à 15, 20 ou 30 mètres.
Crainte probablement née du fait qu’ils sont obnubilés par les habitudes acquises dans la pêche au coup classique. Avec une canne sans moulinet, la ligne travaille toujours pratiquement au même endroit (en eau calme) ou effectue le même « trajet », la même coulée (en eau courante). Le but de l’amorçage consiste à rassembler le maximum de poissons dans un minimum de place et à un endroit précis,ce besoin de précision étant encore accentué lorsqu’on utilise une amorce à base de « fouillis » qui, s’il était éparpillé, amènerait les poissons à se balader un peu partout et à tous les étages. En pêche au moulinet,il en va autrement. D’abord, quelle que soit l’adresse d’un pêcheur, il est peu probable qu’il parvienne à lancer sa ligne et à la faire évoluer toujours exactement au même endroit. D’un lancer à l’autre, il va obligatoirement y avoir une différence,plus ou moins importante suivant l’habileté du pêcheur. Ne serait-ce que pour cette raison, celui-ci n’a donc pas intérêt à amorcer sur une surface très restreinte mais bien plutôt à répartir son amorce sur une zone un peu plus vaste,
mettons un carré de 1 m ou 1,50 m de côté. Il faut par ailleurs bien s’imprégner de l’idée qu’en péchant au moulinet, on utilise le plus souvent, au lieu du ver de vase, de la graine ou de la pâte, des esches telles que l’asticot ou le blé, lesquelles s’accommodent bien d’un amorçage au rappel. Sauf cas exceptionnels (rivières très courantes du type Loire), il est préférable le plus souvent, lorsqu’on utilise l’asticot, de ne pas amorcer trop copieusement au départ : trois ou quatre boules d’amorce truffée d’asticots sont largement suffisantes.
Il restera ensuite à rappeler à intervalles réguliers, toutes les cinq ou dix minutes. Je m’inscrisen faux contre la théorie selon laquelle seul un amorçage massif de départ peut amener le beau poisson : c’est souvent vrai lorsqu’on pêche au ver de vase et au fouillis (et encore, pas toujours !), ça ne l’est pas lorsqu’on utilise l’asticot.
J’ai suffisamment pris de beaux poissons (grosses brèmes, tanches, carpeaux, chevesnes…) en n’amorçant qu’au rappel pour avoir une idée définitive sur la question.
Reste le problème de lancer l’amorce à distance. A l’expérience, lancer des boulettes à 20 ou 30 mètres n’exige pas une technique extraordinaire.
Tout au plus, un peu d’entraînement. A ce sujet, je signale, à titre anecdotique, que les Anglais ont coutume de s’entraîner de la façon suivante :dans leur jardin ou sur un pré quelconque, ils disposent un chapeau ou un seau dans lequel, en se postant à bonne distance, ils essaient de placer des boules d’amorce.

J’indique également que si l’on veut propulser l’amorce loin et de façon précise,on a intérêt à utiliser le lancer « à bras cassé », exactement comme lorsqu’on veut lancer un caillou.
Bien sûr, il y a des cas où la distance à atteindre est trop longue : il y a aussi le cas où l’on préfère rappeler à l’asticot pur, sans adjonction d’amorce (ce qui, soit dit en passant, est souvent très rentable, particulièrement pour le beau poisson). Il faut alors avoir recours au lance-pierres. Très utilisé par les pêcheurs de carpe au maïs, au blé ou à la fève, le lance-pierres est indispensable au pêcheur à l’anglaise. On trouve maintenant dans le commerce des engins importés de Grande-Bretagne (mais il est également facile d’en bricoler soi-même) qui permettent de lancer aisément une «pochée » d’asticots à bonne distance.
Sur ces lance-pierres je vous rappelle qu’il existe deux types de « poches » : j’en ai parlé au chapitre des accessoires . Pour votre prochaine partie de pêche à l’anglaise, essayez donc de procéder de la façon suivante en arrivant à votre place, lancez trois boulettes d’amorce bien garnies d’asticots. Puis, toutes les dix minutes,propulsez au lance-pierres une bonne pochée d’asticots purs.

Il m’étonnerait bien que ça ne marche pas. Sauf, bien sûr, si vous péchez dans des eaux très rapides qui exigent un amorçage plus soutenu..mais également des flotteurs autres que le waggler. Nous allons voir lesquels.

Citation Daniel MAURY

3°) Les flotteurs des pêcheurs à l’anglaise

La pêche en eau calme

Plus encore que dans la pêche au coup traditionnelle, les flotteurs ont, dans la pêche au moulinet, une importance considérable. D’abord parce qu’ils ne jouent pas le seul rôle d’indicateurs de touche (on verra qu’ils participent d’une certaine manière au lancer proprement dit), ensuite parce que, selon les conditions de pêche, ils sont de types très différents. Mais ils ont tous en commun d’être d’une taille relativement importante, donc de supporter beaucoup de plomb. A ce sujet,et avant de les étudier successivement, il me paraît important de vous mettre en garde contre une tendance — bien compréhensible si vous êtes habitué à utiliser des fines lignes à ablette ou à gardon — qui consisterait à vouloir pêcher « léger ». Ce serait une erreur : il faut, dans la pêche au moulinet, utiliser des lignes lourdes… ce qui — du moment qu’elles sont bien équilibrées — n’exclut ni la sensibilité ni la finesse. Tous les pêcheurs français de ma connaissance (moi y compris) pratiquant cette technique ont, à leurs débuts,commis l’erreur de vouloir utiliser des flotteurs moins importants et des plombées plus légères que ceux employés par les Anglais. Et ils ont changé d’avis par la suite. Il reste, bien sûr, à ne pas tomber dans l’excès inverse et à savoir s »adapter aux circonstances.
Mais il faut toujours garder à l’esprit qu’un flotteur et sa plombée doivent permettre de lancer sans effort à l’endroit choisi et de bien contrôler la ligne.

Venons-en aux différents flotteurs utilisables en commençant par celui qu’on emploie le plus fréquemment parce qu’il est conçu pour pêcher loin (ce qui est tout de même le but premier de la pêche au moulinet),quelles que soient la force, la direction du vent et la profondeur, et dans la plupart des eaux « normales » (eaux closes, courants faibles à moyens).

Le waggler
Flotteurs pêche anglaise.

Sous ce terme intraduisible en français (et que j’emploeirai donc faute de mieux) les anglais désignent un flotteur dont le principe est simple…mais essentiel : l’idée est d’avoir un bouchon qui, au lieu d’être relié à la ligne par deux points d’attache (œillets, coulants), l’est par un seul, à la base.
L’un des avantages essentiels est de donner la possibilité de soustraire le fil à l’influence du vent, et c’est très important.
Tous les pêcheurs qui ont pratiqué la pêche « à la longue coulée », avec un flotteur traditionnel fixé en haut et en bas, ont pu constater l’effet néfaste du vent : difficulté pour bien contrôler la ligne, formation d’un « ventre » sur le fil — d’où retard au ferrage —, mauvaise
présentation de l’esche. Et,au bord de l’eau, bien rares sont les jours sans vent. L’invention du bouchon « waggler » a permis de résoudre ce problème.
Encore faut-il profiter des possibilités qu’il offre.

Pour que le fil ne soit plus soumis à l’effet du vent, il suffit bien sûr de le noyer. L’ennui est que le nylon a, de par sa nature même, une tendance naturelle à flotter ou, au moins, à ne s’immerger… qu’à regret.
Cette tendance est encore accentuée par le phénomène de la capillarité et par le fait que le fil d’une ligne est toujours plus ou moins gras : c’est d’ailleurs pour cette raison que certains pêcheurs anglais nettoient leur ligne au détergent avant de pêcher,afin de faciliter une immersion plus rapide. Sans aller jusque-là— car je ne suis pas certain que ce traitement soit très bénéfique pour la solidité du fil ? — on peut assez facilement parvenir au résultat recherché par une technique simple.

Supposons que vous ayez choisi de pêcher à 15 mètres. Il va falloir lancer la ligne de manière que le flotteur touche l’eau 2 ou 3 mètres PLUS LOIN que l’endroit choisi. Dès que le flotteur est en place, plongez la pointe du scion de la canne dans l’eau, et donnez quelques tours de manivelle rapides, puis relevez la canne : vous êtes en position de pêche, pointe du scion affleurant la surface, et bannière noyée. Dès lors, vous constaterez que, quand bien même le vent serait de force 7 (sacrée tempête !) il n’aura pratiquement plus aucun effet sur la ligne puisque le seul point sur lequel il aura prise sera la partie du flotteur dépassant de l’eau qui doit être,bien entendu, réduite au
strict minimum.

Vous serez ainsi en mesure de contrôler parfaitement la ligne et de ferrer sans retard à la touche.Vous devez maîtriser cette technique pour noyer la bannière : elle deviendra rapidement un automatisme et vous rendra de grands services.

Cela dit, voyons comment se présente ce fameux « waggler ».
La conception générale du flotteur est la suivante : un corps en balsa, de forme olive, poire ou cylindrique, de 4 à 5 cm de long, surmonté d’une très longue antenne — soit en plume de paon, soit en bambou — dont seule l’extrémité supérieure émergera de l’eau (personnellement, je préfère,pour la pêche en eau courante, la plume de paon qui résiste mieux à l’enfoncement, ce qui est un avantage lorsqu’on pêche avec le bas de ligne traînant sur le fond : une antenne trop sensible provoque de fréquentes « fausses touches »).

A la base, est ligaturé un petit anneau en fil inox, dont le diamètre ne dépassera pas 1,5 mm.
On peut même simplifier en utilisant une plume de paon seule, sans corps en balsa, mais la portance est alors moindre.
Lorsqu’on pratique en eau très calme, on a intérêt à affiner l’antenne pour augmenter la sensibilité : on peut alors ajouter au sommet de la plume de paon un petit morceau de 4 à 5 cm de bambou de 2 ou 3 mm de diamètre.
Le plombage de ce type de flotteur diffère suivant qu’on l’utilise en position fixe ou coulissant.

Waggler fixe

Jusqu’à des profondeurs de 3 mètres, 3,50 mètres maximum, on peut utiliser un flotteur fixe. Celui-ci est monté, comme je l’ai déjà dit,directement sur le fil en provenance du moulinet. Il est maintenu à la hauteur voulue (après sondage : je vous indiquerai plus loin comment procéder) entre deux ou plusieurs plombs de forte taille (AA). Ceux-ci vont avoir un autre rôle : ils vont entraîner la ligne lors du lancer et se comporter un peu,si vous voulez, comme un « buldo », permettant du même coup d’utiliser peu de plombs sur le reste de la ligne.
Lors du lancer, c’est donc le flotteur et les plombs qui y sont accolés qui vont partir les premiers. A condition bien sûr qu’ils soient plus
lourds que les autres plombs de la ligne et c’est pourquoi la répartition doit toujours se faire de la manière suivante : si, par exemple, un flotteur supporte 3 AA, il faudra lui accoler 2 AA et répartir 1 AA (ou son équivalent : 2 BB, 4 n° 1, etc.) sur le reste de la ligne.
Pour bien comprendre, reportez-vous aux plombages-types de la figure suivante:
Je vous engage à bien assimiler ce principe et à également bien réaliser que la disposition des plombs est absolument primordiale si l’on veut éviter les emmêlages, fréquents quand on débute surtout lorsqu’on en a pas bien compris les raisons. Si vous observez les croquis vous constaterez une « proportion » entre A, B, et C. Le poids total de A doit être supérieur au poids total de B et C. De la même façon, B doit être plus lourd que C. Quant à ce dernier, sa taille dépend de la force du vent et, dans une certaine mesure, du courant : plus ceux-ci sont importants, plus ce plomb C devra être lourd (on dépassera rarement, cependant, la taille BB).
Les emmêlages ont une autre cause : un mauvais lancer.

Ne perdant pas de vue qu’il ne faut pas hésiter à pêcher assez lourd pour atteindre sans effort la distance voulue (c’est-à-dire avec suffisamment de plombs accolés au flotteur), le lancer doit être fait en souplesse,sans forcer. Votre canne a un ressort ; servez-vous-en.
En lançant moelleusement,et en prenant la précaution de ne pas trop rabattre la canne vers l’avant on constate que la ligne décrit une large parabole, une trajectoire courbe.
Pendant toute cette trajectoire,suivez votre flotteur des yeux.

Lorsqu’il va toucher l’eau commencez à freiner le fil avec l’index, contre la bobine du moulinet.
Vous bloquez complètement le fil : la ligne va s’étaler convenablement.Si, au contraire, vous faites décrire à la ligne une trajectoire trop
tendue, vous risquez des emmêlages aussi bien en l’air que lorsque la ligne touche l’eau.
Tenez compte aussi du vent,et s’il vient de face ou de trois quarts, lancez CONTRE lui : si, par exemple,le vent est de trois quarts à droite, lancez plutôt vers la droite.Si, en respectant toutes ces règles, les emmêlages demeurent fréquents (accidentels,ils existent toujours, même chez les meilleurs spécialistes britanniques !), modifiez le plomb situé en C du croquis : il suffira souvent d’augmenter sa taille d’un ou deux numéros pour que tout rentre dans l’ordre.
Le lancer effectué,commence l’action de pêche proprement dite.
En eau calme, pas de problème : le flotteur en place, il n’y a plus qu’à attendre la touche, en effectuant quelques « aguichages » le cas échéant.
En eau courante, en revanche,il va falloir tenir compte du fait que le flotteur n’est attaché que par le bas et que si on le retient, il bascule et s’enfonce en donnant l’impression qu’il y a une touche. Il est donc nécessaire de ne pas tirer sur la bannière et de ne pas procéder à des « retenus marqués », mais au contraire de laisser le flotteur dériver à l’allure du courant tout en maintenant la bannière tendue.

Lorsque la touche se produit (elle se manifeste soit par un enfoncement, soit, assez souvent, par un « relevé »), il convient évidemment de ferrer et l’on a intérêt à le faire avec la canne oblique — voire horizontale — de manière à ne pas avoir à sortir la bannière de l’eau et à se trouver directement en contact avec le poisson.
Il est des cas, cependant,où les poissons (les brèmes en particulier) préfèrent,en eau courante, une esche « ralentie »par rapport à la vitesse du courant. La bonne méthode consiste alors à faire traîner sur le fond le plomb le plus bas.

Cela risque de provoquer des « fausses touches » : l’astuce consiste alors à sous-plomber le flotteur, c’est-à-dire à ôter un plomb et à laisser dépasser hors de l’eau 2 ou 3 cm de l’antenne.
Un montage apparemment grossier mais,en dépit de son manque théorique de sensibilité, il fonctionne très bien : à la touche,le flotteur s’enfonce aussi facilement que s’il était équilibré« au quart de poil ».

Waggler coulissant

Dès lors que la profondeur de l’eau dépasse 3,50 mètres, il n’est plus envisageable de pêcher avec un bouchon fixe :le lancer devient bien entendu impossible. On a alors recours au flotteur coulissant. On peut parfaitement employer un « waggler » à condition que celui-ci soit doté à la base d’un œillet suffisamment petit pour que la ligature d’arrêt ne passe pas au travers. Car il faut évidemment une « butée » pour qu’un coulissant soit arrêté à la hauteur voulue. Et il faut également que cette butée soit réglable à volonté c’est-à-dire qu’on puisse modifier son emplacement si besoin est.

Citation Daniel MAURY

4°) Choix des flotteurs à l’anglaise par Petchy

Voici quelques tableaux récapitulatif sur le choix des flotteurs pour la pêche à l’anglaise selon l’un de nos spécialiste de la pêche à l’anglaise, le pseudo-nommé Petchy.

Choix du flotteur en eau calme
Courant Distance de Pêche Profondeur Vent Type de Flotteur Diamètre de l’antenne Portance Longueur de l’antenne Nb de point de fixation Mode de fixation
Nul Courte Faible Nul Waggler 2mm 1 AAA – Courte 1 Fixe
Moyen Waggler 2mm 1 AAA Moyenne 1 Fixe
Fort Waggler 3mm 1 AAA+ Longue 1 Fixe
Moyenne Nul Waggler 2mm 1 AAA Courte 1 Fixe
Moyen Waggler 2mm 1 AAA Moyenne 1 Fixe/Coulissant
Fort Waggler 3mm 1 AAA+ Longue 1 Fixe/Coulissant
Grande Nul Waggler 2mm 1 AAA+ Courte 1 Coulissant
Moyen Waggler 2mm 1 AAA+ Moyenne 1 Coulissant
Fort Waggler 3mm 1 AAA+ Longue 1 Coulissant
Moyenne Faible Nul Waggler 2mm 1 AAA+ Courte 1 Fixe
Moyen Waggler 3mm 2 AAA+ Moyenne 1 Fixe
Fort Waggler 3mm 2 AAA- Longue 1 Fixe
Moyenne Nul Waggler 2mm 2 AAA+ Courte 1 Fixe
Moyen Waggler 3mm 2 AAA+ Moyenne 1 Fixe/Coulissant
Fort Waggler 3mm 3 AAA- Longue 1 Fixe/Coulissant
Grande Nul Waggler 2mm 2 AAA+ Courte 1 Coulissant
Moyen Waggler 3mm 3 AAA- Moyenne 1 Coulissant
Fort Waggler 3mm 3 AAA Longue 1 Coulissant
Longue Faible Nul Waggler 4mm 3 AAA- Courte 1 Fixe/Coulissant
Moyen Waggler 5mm 3 AAA Moyenne 1 Fixe/Coulissant
Fort Waggler 5mm 3 AAA+ Longue 1 Fixe/Coulissant
Moyenne Nul Waggler 4mm 3 AAA Courte 1 Coulissant
Moyen Waggler 5mm 3 AAA+ Moyenne 1 Coulissant
Fort Waggler 5mm 4 AAA Longue 1 Coulissant
Grande Nul Waggler 4mm 3 AAA+ Courte 1 Coulissant
Moyen Waggler 5mm 4 AAA Moyenne 1 Coulissant
Fort Waggler 5mm 4 AAA+ Longue 1 Coulissant

Choix du flotteur en eau calme
Courant Distance de Pêche Profondeur Vent Type de Flotteur Diamètre de l’antenne Portance Longueur de l’antenne Nb de point de fixation Mode de fixation
Faible ou Moyen Courte Faible Nul Waggler ou Stick 3 ou 4mm 1 AAA- Courte 1 ou 2 Fixe
Moyen Waggler 3 ou 4mm 1 AAA Moyenne 1 Fixe
Fort Waggler 3 ou 4mm 1 AAA+ Moyenne 1 Fixe
Moyenne Nul Waggler ou Stick 3 ou 4mm 1 AAA Courte 1 ou 2 Fixe
Moyen Waggler 3 ou 4mm 1 AAA+ Moyenne 1 Fixe/Coulissant
Fort Waggler 3 ou 4mm 2 AAA- Moyenne 1 Fixe/Coulissant
Grande Nul Waggler ou Slider 3 ou 4mm 2 AAA Courte 1 ou 2 Coulissant
Moyen Waggler ou Slider 3 ou 4mm 2 AAA+ Moyenne 1 ou 2 Coulissant
Fort Waggler ou Slider 3 ou 4mm 3 AAA- Moyenne 1 ou 2 Coulissant
Moyenne Faible Nul Waggler ou Stick 5 ou 6mm 3 AAA Courte 1 ou 2 Fixe
Moyen Waggler 5 ou 6mm 3 AAA+ Moyenne 1 Fixe
Fort Waggler 5 ou 6mm 4 AAA- Moyenne 1 Fixe
Moyenne Nul Waggler ou Stick 5 ou 6mm 4 AAA Courte 1 ou 2 Fixe/Coulissant
Moyen Waggler 5 ou 6mm 4 AAA+ Moyenne 1 Fixe/Coulissant
Fort Waggler 5 ou 6mm 5 AAA- Moyenne 1 Fixe/Coulissant
Grande Nul Waggler ou Slider 5 ou 6mm 5 AAA Courte 1 ou 2 Coulissant
Moyen Waggler ou Slider 5 ou 6mm 5 AAA+ Moyenne 1 ou 2 Coulissant
Fort Waggler ou Slider 5 ou 6mm 6 AAA Moyenne 1 ou 2 Coulissant

 Choix des flotteurs en présence d’un courant fort
Courant Distance de Pêche Profondeur Vent Type de Flotteur Diamètre de l’antenne Portance Longueur de l’antenne Nb de point de fixation Mode de fixation
Fort Courte Faible Nul Avon 3 ou 4mm 1 AAA- Courte 2 Fixe
Moyen Avon 3 ou 4mm 1 AAA Courte 2 Fixe
Fort Avon 3 ou 4mm 1 AAA+ Courte 2 Fixe
Moyenne Nul Avon 3 ou 4mm 2 AAA- Courte 2 Fixe
Moyen Avon ou Slider 3 ou 4mm 2 AAA Courte 2 Fixe/Coulissant
Fort Avon ou Slider 3 ou 4mm 2 AAA+ Courte 2 Fixe/Coulissant
Grande Nul Slider   3 AAA-   2 Coulissant
Moyen Slider   3 AAA   2 Coulissant
Fort Slider   3 AAA+   2 Coulissant
Moyenne Faible Nul Avon 5mm 4 AAA- Courte 2 Fixe
Moyen Avon 5mm 4 AAA Courte 2 Fixe
Fort Avon 5mm 4 AAA+ Courte 2 Fixe
Moyenne Nul Avon 5mm 5 AAA- Courte 2 Fixe
Moyen Avon ou Slider 5mm 5 AAA Courte 2 Fixe/Coulissant
Fort Avon ou Slider 5mm 5 AAA+ Courte 2 Fixe/Coulissant
Grande Nul Slider   6 AAA-   2 Coulissant
Moyen Slider   6 AAA   2 Coulissant
Fort Slider   6 AAA+   2 Coulissant

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