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L’amorce

Seau d’amorce

L’amorce est composée de plusieurs éléments (farines, chapelures, tourteaux,…), qui sert à attirer le poisson à un lieu donné, afin de le pêcher et de le prendre sur ce lieu d’amorçage.
Sachant à quel endroit va se trouver le poisson sur un fond invisible pour nous, on peut donc dire que l’amorce est un peu l’œil du pêcheur.

Comment parler d’amorce sans parler des farines qui les composent. Il y en a des multitudes et elles ont des pouvoirs collants allant du neutre ex: la chapelure rousse au très collant ex:
la farine de blé. D’autres comme le coco belge ont des pouvoirs dispersants…

En théorie, n’importe qu’elle amorce peut attirer n’importe quel poisson. Pourtant, la diversité naturelle de la gent aquatique est telle que certaines règles doivent être observées.

Ainsi si beaucoup de poissons blancs sont apparemment identique, les uns ne vivent cependant pas comme les autres. L’ablette, par exemple, ne se nourrit pas de la même façon qu’une brème,

L’ablette se nourrissant en surface en surface et la brème sur le fond.

leurs bouches étant <> Ayant la bouche tournée vers le haut, l’ablette va plutôt naturellement chercher sa nourriture vers la surface alors qu’au contraire, la brème ayant la sienne
orienté vers le bas, aura tendance à se nourrir sur le fond.

La bouche de la brème dirigée vers le bas et celle de l’ablette vers le haut.

Notre but à nous pêcheur est d’arriver à faire des compositions d’amorces avec ces farines en tenant compte des poissons recherchés et de leurs positions dans les surfaces d’eaux que nous rencontrons.

C’est pourquoi, sans pour autant employer des produits grandement différents, les deux poissons pouvant manger la même chose, la conception d’amorce doit toujours varier suivant que l’on s’adresse à l’ablette ou à la brème, et plus généralement suivant qu’on s’adresse à un poisson évoluant de par la nature des choses dans la couche supérieur de l’eau ou à un autre vivant principalement sur le fond.
Un étang de 80 cm de profondeur et un autre à 6 mètres vous en conviendrez n’ont rien à voir au même titre qu’une ablette et une carpe.

La granulométrie :

En règle générale, on utilise une amorce à grosses particules pour le fond et une amorce à plus petites granulométries pour la surface. Si on peut, à la limite, utiliser une <> amorce en surface et une amorce à fines particules à fond, il devient par contre très difficile, voir impossible, de pêcher en surface avec une préparation très collante et lourde . C’est avant tout un problème de poids.

L’amorce de surface, pour bien travailler à cet étage supérieur de l’eau, ne doit jamais ni trop coller de façon à éclater en surface et y rester, ni être trop lourde pour ne pas descendre rapidement.

Densité des boules d’amorce.

Bien au contraire, l’amorce de fond demande un minimum de collant et de lourdeur pour, à la fois, descendre rapidement et bien tenir tout en travaillant le plus longtemps possible. Nous ne pouvons pas avoir en stock ou acheter ces farines, car beaucoup ont les mêmes caractéristiques exemple le coco et le coprah.
Je me suis donc fait une liste de celles dont je précise pour couvrir mes besoins.

  • La chapelure : qui est la base de toutes les amorces de fond.
  • Le baby corn : à base de mais apprécié de tous les poissons.
  • Le tourteaux de maïs : identique au baby corn mais et plus colmatant et plus grossier bien qu’il existe du fin au quel cas, je préfère le baby corn.
  • Le chènevis : moulu cuit ou grillé (alors plus dispersant) qui est lui aussi très apprécié de tous les poissons.
  • Le coprah : dispersant à mon avis dispensable.
  • Le PV1 : sucré et qui permet de lier l’amorce.


Ce sont mes farines de bases pour toutes mes amorces.
J’ajouterai cependant que je prends aussi de la farine de riz pour les pêches spécifiques d’ablettes. La farine de biscuit sucré et le jaune de hollande collante et attractive pour les brèmes. De l’arachide pour les carpes.

Je n’ai pas choisi ces farines au hasard, c’est au contact de pêcheur et de discutions, de testes que j’ai effectué plusieurs fois dans les mêmes plans d’eau avec les mêmes lignes, j’ai eu des capots mais jamais je ne me suis dit que c’était acquis. Maintenant depuis le temps, je sais qu’elles sont bonnes mais pas miraculeuses mais, je suis confiant quand je pêche avec elles.

L’amorce doit être d’autant plus collante que la profondeur de pêche est importante et/ou le courant plus ou moins soutenu.

Tout simplement, et c’est normal, afin que les boules d’amorce se délient dans le temps et lieu de s’ouvrir instantanément, lâchant toutes les particules en quelques secondes au gré du courant.

Le serrage des boules

Mais attention, collant ne veut pas dire boules indestructibles au fond de l’eau. Le rôle premier de l’amorce est de travailler afin d’attirer le poisson sur le coup de pêche.
Il faut donc, en général, avoir une amorce qui travaille en plusieurs temps.
C’est ici qu’intervient, outre les produits collants constituant la préparation, le serrage des boules.
Prenons l’exemple de dix boules d’amorce à jeter : quatre seront trés fortement serrées, quatre autres le seront moyennement et les deux dernières presque pas; ainsi, les quatres premières tiennent bien.

La couleur

Amorces sombres ou claires?
En général, une amorce de couleur sombre attire d’avantage les poissons de petite et moyenne tailles et semble avoir moins d’attrait sur les gros sujets.
En pêche difficile, néanmoins, elle permet de maintenir plus longuement le poisson sur la zone de pêche. Au contraire, une amorce de couleur claire tente surtout les beaux poissons, genre grosse brème, mais ne maintient que très modestement dans le temps les sujets de taille inférieure.
Effet du hasard, produits miracles ? Ni l’un ni l’autre. Prenez par exemple un gardon dans une rivière où le fond est brun-noir : il a le dos noir. Placez-le dans un bassin ou l’eau est verte : deux heures plus tard, il a le dos vert.
Pourquoi?
Tout simplement par phénomène de mimétisme avec son nouvel environnement et le nouveau fond. Ne faisant plus <>, il ne devient plus ainsi une proie repérable par les carnassiers.

Le simple fait donc, d’être en désaccord avec le milieu (en l’occurrence, tache noire sur fond clair) rend le poisson peureux et peu enclin à rester tranquillement sur la zone d’amorçage sauf si… ce poisson est une taille assez respectable
pour ne pas (trop) risquer l’attaque d’un brochet ou d’un sandre. En parlant de cette constatation, on comprend aisément qu’une amorce de couleur claire sélectionne avant tout, plus le beau poisson par la crainte des plus petits, que pour toute autre raison, et, qu’en conséquence, il y ait plus de chance de toucher un pourcentage élevé de gros poissons sur une amorce claire et du tout-venant sur une amorce foncée.

Senteur :

Prétendre que l’on comprend et que l’on sache réellement pourquoi telle ou telle odeur, ou arôme, plaît d’avantage à tel ou tel poisson ne serait pas sérieux. Dans ce domaine, on ne peut que faire des constatations servant la base de référence.

Ainsi, un produit riche en vanille comme le Gardonix donne d’excellents résultats avec le gardon.

La cannelle et ses dérivés sont plus efficaces que tous les autres produits pour la brème.

De même que la « fraise » supplante actuellement le plus souvent n’importe quel autre parfum pour attirer la carpe.

En tout état de cause, bien que l’on puisse allécher du poisson avec une amorce sans parfum, il est indéniable que l’ajout d’un arôme permet, en bien des cas, d’attirer et de retenir plus durablement le poisson sur la zone de pêche.

Effets nutritif :

Une fois le poisson sur le coup, il faut le garder.

En présence de poissons qui ne s’alimentent pas, ou peu, l’amorce doit être relativement pauvre. Composée de produits peu nourrissants (coprah, palmiste, attractor, …), elle doit être cependant travailler constamment afin de fixer l’attention du poisson qui reste dans la zone de pêche.

En revanche, lorsque les poissons s’alimentent normalement, notamment aux beaux jours, l’amorce doit être composée en grande partie de produits nourrissants et riche comme le tourteau de maïs, le P.V.1. , le coprah mélassé, de produit à base de sucre comme les biscuits, de la chapelure de pain. Soigneusement dosés en fonction de la population piscicole se trouvant sur le parcourt de pêche, ces produits permettent au coup sur de maintenir l’ensemble des poissons sur le coup.

Ceci se vérifie aussi bien en étang quand rivière.

Bien entendu, la façon d’amorcer diffère selon la profondeur de pêche. On n’amorce pas de la même façon, avec la même composition, dans six mètres d’eau que dans un mètre. Même peu collantes, il est à peu près sûr que les boules jetées dans un étang ayant un mètre de profondeur iront se poser sur le fond à l’endroit voulu… parce qu’il n’y a qu’un mètre entre l’impact des boules en surface et le fond.

Plus ou moins collant en fonction de la profondeur.

En revanche, dans six mètres d’eau, ne serait-ce que par la présence d’un courant hypothétique, il en va tout autrement. Il m’est pas tout à fait certain que ces mêmes boules tombent sur le fond à l’endroit souhaité. Dès lors, en présence de quatre mètres d’eau et plus en courant lent à nul, il convient d’adopter une amorce un peu plus collante comme si il s’agissait d’un courant moyen avec deux mètres de profondeur.

L’amorce en fonction de l’eau :

En eaux calmes, sauf cas exceptionnels, l’amorce doit être non collante et en fines particules à la surface, peu collante et de granulométrie fine ou moyenne entre deux eaux et à fond.

En eaux à courant lent ou moyen, l’amorce de base doit être un peu plus collante et de texture plus grossière qu’en eaux calmes. Il est alors une règle à respecter avant tout, adapter l’amorce à la force du courant : moins il y a de courant, moins l’amorce doit être collante et fine doit être sa texture; plus il y a de courant, plus l’amorce doit coller et souvent plus grosse doit être la granulométrie.

Les différents zones de pêche.

Illogique, direz-vous ? En théorie, oui ! Car il est évident qu’une farine ou de la chapelure fine collent d’avantage que ces même produits plus grossièrement moulus. Mais ça l’est moins quand certains ingrédients entrant dans l’amorce sont chargée en fonction des lieux de pêche. Ainsi, par exemple, le pain d’épice ou le P.V.1. colleront plus alors que le coprah ou la palmiste seront ajoutés pour avoir un effet dispersant.

Les farines

En eaux à courant soutenu : l’amorce doit à la fois être lourde, très collante… et bien travailler sur le fond. Si l’emploi d’argile genre bentonite est une solution pour coller l’amorce, ce n’est cependant pas la meilleur… et de loin. Car il est toujours très difficile de savoir avec exactitude quand les boules d’amorce s’ouvrent et ainsi travaillent. Mieux vaut donc dans la majorité des cas remplacer ces produits par des dérivés sucrés (donc diluables dans l’eau) comme le pain d’épice, au fort pouvoir collant mais possédant l’extrême avantage de faire travailler l’amorce très rapidement.

L’amorce en fonction de la profondeur de pêche

En surface l’emploi du amorce légère, telle que la 3000 SURFACE? simplement humidifié, qui éclate au contact de l’eau est une bonne base pour le tout-venant. Une amorce plus claire, du type 3000 ABLETTES ou 515, peut ainsi être utilisée avec efficacité. Employé alors en soupe, c’est à dire sur-mouillée, elle crée un nuage très persistant à la surface de l’eau.

S’adressant déjà à des poissons de taille respectable, l’amorce de base pour pêcher entre deux eaux doit avoir une certaine granulométrie tout en continuant à créer un nuage. Un mixte, genre 515 et 3000 ETANG, convient alors parfaitement notamment pour pêcher dans des pièces en eaux profondes ou tous endroits ayant des couches d’eau de températures différentes dans lesquels les poissons montent à certaines périodes de l’année.

Différentes amorces Sensas

Enfin, l’amorce de fond s’utilise surtout en fonction des poissons recherchés, mais aussi des lieux pêchés. Pour être plus clair, sachez que des amorces comme la 3000 CARPES intéressent les très gros poissons, qu’un mélange comme la 3000 RIVIÈRE est principalement conçu pour des fonds de rivière au courant rapide, qu’une composition du type 3000 FOND est un peu une amorce polyvalente de base, et qu’enfin, des préparations comme la 3000 MOULINET et 3000 ÉTANG sont respectivement utilisables efficacement pour des eaux peu courantes et les poissons de taille moyenne.

L’amorce en fonction des poissons recherchés :

L’amorce doit se faire non seulement par rapport à la profondeur de pêche, mais aussi en fonction des poissons que l’on recherche. Il serait, en effet, complètement absurde, en présence de gardons n’atteignant pas le poids de quinze grammes, d’envoyer des boules d’amorces aussi collantes que riches… même dans cinq mètres d’eau. A l’inverse, à quoi ressemblerait une amorce moyenne, ne collant que très légèrement, envoyée sur une colonie de barbeaux ou de brèmes d’un kilo ou plus ?

Dans le choix de l’amorce comme dans l’action même d’amorcer, il faut donc prendre en considération les deux paramètres à la fois : profondeur de pêche et poissons recherchés.

Ainsi on peut dire, d’une façon générale, qu’en étang, plus le fond est important, plus l’amorce doit être collante, sans cependant dépasser un maximum correspondant au collant d’une amorce de rivière au courant moyen. Parallèlement à cela, la richesse de l’amorce doit être proportionnelle à la densité ainsi qu’à la grosseur des poissons du lieu de pêche : par exemple, amorce complétée par des produits moyennement collant mais très riches style tourteau de maïs en présence de beaux poissons, ou amorce d’étang classique juste recollée avec du P.V.1. en cas de peuplement clairsemé.

Suivant l’espèce, chaque poisson a ses habitudes alimentaires. Une amorce de base peut donc, en conséquence, sélectionner tel poisson plutôt que tel autre.

Ablettes attirées par une amorce de surface.

Pour le gardon, l’amorce type sombre, plutôt salée en hiver et sucrée en été. Les deux mêmes amorces peu collantes 3000 CANAL (salée) et 3000 GARDONS (sucrée) répondent parfaitement au exigences du moment.

On utilise la préparation salée pendant toutes les périodes où le besoin de sel est ressenti par le poisson, en particulier l’hiver et à la sortie de la fraie. Elle trouve également son utilité lorsqu’en période très chaude les eaux sont pauvres en oxygène, sans courant, à la limite de la pollution. Dans tous les autres cas, la préparation sucrée doit être préférée.

L’une comme l’autre peuvent être complétées par de la fiente de pigeon (fiente de compétition) qui permet de maintenir le poisson sur le coup plus durablement.

Ceci étant d’autant plus important que les gardons n’apprécient que très modérément le rappel.

La brème, contrairement au gardon, est un poisson qui répond formidablement au rappel. C’est même là tout le secret de sa pêche. L’amorce de base est une composition de style 3000 BRÈMES, assez claire.

Cependant, suivant la saison, l’amorce peut se différencier. S’alimentant très peu en hiver, la brème s’attire très bien sur une amorce à gardon, genre 3000 CANAL. Plus tard, à la sortie de la fraie, ayant elle aussi besoin de sel minéraux, un mixte 3000 CANAL/3000 BRÈMES donne d’excellents résultats. Enfin, en pleine saison, la seule 3000 BRÈMES additionnée de tourteaux de maïs en présence de gros spécimens et/ou un ajout de pain d’épice en cas de courant est une amorce idéale pour réaliser de belles bourriches.

Le tout-venant ou la blancaille se pêchant principalement soit entre deux eaux, soit carrément en surface, l’amorce idéale doit être une composition peu collante et peu lourde de produit relativement pauvre, du style 3000 SURFACE, 3000 ABLETTES ou 515.

Ce genre d’amorce permet alors un amorçage constant en rappel, sans pour autant risquer un gavage quelconque; cette pêche spécifique demandant d’amorcer peu mais souvent, à intervalles réguliers, afin de maintenir les poissonnets à un endroit et à un niveau donné, deux à trois boulettes d’amorces à la minute en eaux calme ou à la coulée en présence de courant représentent une bonne moyenne.

Les gros poissons (tanches, gros carpeaux, carpes, …) étant pratiquement toujours méfiants, c’est avec une amorce extrêmement riche, mais surtout donné massivement en une seule fois au départ, qu’on à le maximum de chance de les rassembler.

Carpes sur amorçage massif de départ.

Cependant, dans certaines circonstances, un rappel peut être toléré. Dans ce cas, au lieu d’agir normalement, c’est-à-dire en jetant toutes les trois à quatre minutes, mieux lancer sur la zone d’amorçage cinq à six boules par demi-heure pour refaire un fond, quitte à perdre les poissons quelques minutes avant qu’ils ne reviennent.

Toutes ces données de base sur l’amorce sont valable aussi bien pour la pêche à la canne que pour pêcher au moulinet, à une exception près : en ce qui concerne cette dernière discipline : ne pouvant pas toujours amorcer massivement au départ, l’amorce se pratique le plus souvent au rappel seul.

Rappel, rappelons-le qui n’est efficace que si l’action commence dès le début de la partie de pêche et ne s’interrompt à aucun moment par la suite.

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